Logement social au Portugal
Vue d’ensemble du logement social et public et du logement en coopérative dans le pays
La production de logement social au Portugal relève de la compétence des communes qui peuvent faire une demande de subventions nationales pour construire ou réhabiliter des habitations.
Le logement municipal est géré directement par les communes ou par les sociétés communales qui encaissent les loyers et s’occupent de l’entretien ainsi que, dans certains cas, de l’assistance sociale. Les communes sont donc responsables de la construction de la plupart des logements sociaux (on estime qu’elles fournissent environ 70% des logements sociaux). Les autres prestataires principaux sont les coopératives de logement qui fournissent actuellement environ 1/3 du parc de logement social. Les associations volontaires sont aussi impliquées dans la gestion de certaines habitations sociales, en particulier pour les sans-abris mais elles ne construisent pas de nouveau parc de logement social.
Certaines des organisations de logement social principales ont mis sur pied en 2004 une organisation mère appelée CECODHAS Portugal, dont les membres géraient au total plus de 75.000 habitations en 2005. En partie suite au fait que le soutien de l’état est plus important dans le cas de travaux de rénovation, plutôt que pour des nouvelles constructions, la production de logements sociaux a diminué ces dernières années tandis que les prestataires concentraient leurs efforts sur la rénovation du parc existant et l’éradication des bidonvilles.
Tendances principales du marché du logement
La diminution de l’inflation et des taux d’intérêts et l’augmentation de l’offre ont mené à une augmentation de l’accession à la propriété. En vingt ans, (1984 – 2004) les taux d’intérêt du Portugal sont passés de plus de 17% à environ 4%. En combinaison avec une campagne très agressive des banques en concurrence pour la première place dans le domaine des hypothèques, les taux d’intérêts sont descendus jusqu’à 0,6-1,5%. Cet environnement attractif pour les clients combiné à un marché locatif cher a engendré la hausse du nombre d’accessions à la propriété et, par conséquent, des hypothèques. Il vaut la peine de noter que le manque d’intérêt envers le marché locatif est partiellement dû à ses distorsions historiques. Actuellement, les habitations locatives privées représentent 18% de parc total de logement portugais tandis que 75% est occupé par le secteur de l’accession à la propriété. Le marché du logement social n’est pas très développé, il ne représente que 3% du total des habitations produites chaque année.
Changements principaux de politique dans le domaine du logement
Depuis 1998, la question du logement est devenue de plus en plus importante pour le développement du pays. On a insisté particulièrement sur les programmes spéciaux de relogement qui ont été lancés par les grandes villes portugaises afin d’essayer de reloger les ménages à faibles revenus qui vivaient encore dans les quartiers pauvres ou dans les bidonvilles. L’initiative SOLARH (lancée en 2001) avait un but similaire mais elle s’est concentrée sur les ménages connaissant des difficultés financières et vivant dans les anciens quartiers ou au centre ville. En 2000, le gouvernement a aussi lancé le programme pour la modernisation du parc de logement (PMPH) qui visait essentiellement à revitaliser le marché locatif. Après les élections de 2005 et le nouveau gouvernement socialiste, l’orientation générale reste le développement du marché locatif (plutôt que la stimulation de l’accession à la propriété), la promotion des investissements dans la réhabilitation, et l’octroi d’instruments juridiques aux propriétaires et aux locataires.
En ce qui concerne la politique de logement social, certains changements fondamentaux ont eu lieu. L’éventail des bénéficiaires du logement social s’est élargi et il comprend désormais un groupe cible plus universel. Le mouvement vers les banlieues, en particulier de la classe moyenne et des jeunes couples a causé une importante diminution de la population dans les grandes villes et a augmenté le nombre de ce qu’on appelle les villes-dortoirs (de pauvre qualité et avec des problèmes de circulation). Afin d’inverser cette situation et de rééquilibrer la population, les communes comme Lisbonne essayent d’insister sur des politiques de logement inclusives.
De plus, la révision du programme pour la rénovation et la récupération d’immeubles (RECRIA) et le programme pour la location urbaine (RAU) ont pesé en faveur du logement social locatif. Les dernières révisions ont mené en 2006 à l’adoption d’un nouveau programme pour la location urbaine (NRAU) qui représente une étape fondamentale pour stimuler le marché locatif portugais. Le programme PROHABITA a aussi été modifié en mars 2007, en faisant correspondre ses objectifs et la promotion des zones de réhabilitation plutôt que les nouvelles constructions ainsi que la mise en œuvre de solutions de construction durables et l’accessibilité pour tous. L’initiative PORTA 65 a été adoptée en juin 2007 afin de promouvoir un marché locatif public et privé plus dynamique. PORTA 65 est un programme qui permet aux acteurs de laisser la gestion à une institution qui utilisera le parc à des fins sociales (le programme sera mis en œuvre à partir de 2008).
Enfin, en 2008, le plan stratégique de logement sera approuvé et mis en œuvre afin d’élaborer des propositions stratégiques pour l’élaboration, la mise en œuvre, le contrôle et l’évaluation des politiques de logement dans le cadre du logement social, de la réhabilitation et du système de logement.
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